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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
roman ado
Balle perdue
souligne

Mouloud AKKOUCHE
Éd. Seuil, coll. Karactère(s), septembre 2007.
80 pages – 8,50 €
Prologue : Montreuil, automne 2006. Un homme guette une femme aux abords d’un café. Il voudrait lui parler, lui révéler la vérité sur son histoire, un secret qu’il étouffe – et qui l’étouffe – depuis quatre ans. Le roman va donc dérouler le flash back de quelques jours d’octobre 2002 où les destins de Pascal, Mourad et Violaine se sont entrechoqués. Histoires de famille, de violence, de silence, de mensonges et de rêves avortés entre les quelques rues qui séparent la cité de l’Entraide et la rue Malot, la place Carnot et le stade de Grands-Pêchers.

Inutile de révéler plus avant les détails de l’intrigue, non que le livre soit à proprement parler un polar avec suspense à la clé, mais une grande partie de son intérêt réside dans l’art de l’auteur à entretenir le flou sur la véritable nature des relations et même de l’identité de ses personnages. La langue utilisée n’est pas difficile d’accès (alternance de phrases brèves, sobriété et neutralité descriptive, et de dialogues émaillés d’argot du « neuf-trois  »), mais la construction est plus complexe qu’il n’y paraît et sert très bien le propos de l’auteur. La polysémie du titre est à l’image du roman : un versant noir (la balle tueuse) et un autre vert (la balle au pied, le ballon qui tourne plus rond que la vie de son jongleur). Vert aussi comme le maillot de Saint-Étienne, l’équipe mythique dont les exploits alimentèrent les rêves adolescents il y a trente ans, au point que « Rocheteau » fut le surnom de l’un d’entre eux, l’un de ses masques. Mouloud Akkouche, dont c’est la première incursion en collection jeunesse, nous conte une histoire qui a à voir avec la tragédie urbaine contemporaine – incapacité des personnages à échapper à la fatalité du destin, incapacité à aimer, à s’aimer. Noirceur, pessimisme, mais rédemption aussi car un homme parviendra au prix d’un ultime mensonge sacrificiel à effacer son ardoise de « putain de surdoué du malheur ».

par Corinne Chiaradia

Date de publication de l'article : jeudi 11 octobre 2007.

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