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Vous êtes à > Nos dernières lectures > Vitrine de mai 2007
Un petit bonhomme est assis,
cartable au dos, au bord d’un chemin. Survient un oiseau qui lui
demande la vérité sur sa présence en ces lieux. Le
garçon raconte alors sa longue journée, « compliquée, affolante
»… On voit surgir un vol d’oies, une graine magique
et neuf bouleaux pas plus, des loups en embuscade sont domptés,
une école disparaît, un bonhomme en haut-de-forme
promène deux éléphants, lesquels seront
mangés avant qu’au cours d’un tour du monde soit
établie la carte des mondes inventés…Ouf. Une
seconde, une journée ou des siècles plus tard, revenus au
présent, au bord du chemin, l’oiseau réclame encore
la vérité. L’enfant s’excuse : « D’accord
ma caille, je ne t’ai pas dit la vérité, mais ce
n’est pas pour te tromper. C’est juste pour le plaisir de
te raconter une histoire »… et d’offrir un chouette perchoir sur un nez démesuré.
Dans cette folle journée le temps est distendu, les saisons valsent, les personnages et les situations se succèdent à la manière d’un cadavre exquis surréaliste. Ce printemps d’une seconde est un hommage à Pinocchio, bien sûr (c’est évident dès la couverture), mais plus encore un hommage aux raconteurs d’histoires, aux rêveurs de tous âges. On pense aussi à la petite héroïne de L’Arbre rouge de Shaun Tan, une enfant solitaire qui voit fleurir dans sa chambre un érable aux feuilles rouges étoilées, comme un cousin de l’arbre dessiné ici par Stéphane Girel. On songe également aux Contes n° 1 et 2 d’Eugène Ionesco illustrés par Etienne Delessert, où la petite Jacqueline et son père jouent à échanger les objets et les mots, pour mieux « ouvrir le mur » des images. Il y a beaucoup de plaisir à se laisser porter par l’imagination du bonhomme de Meunier et Girel, un enfant toujours capable de fleurir un chemin qui sans cela le mènerait tout droit « serein, affable et résigné (s’) engourdir à l’école »… Les auteurs nous invitent le temps d’une histoire à oublier réalisme et conventions pour plonger sans résistance dans la logique d’un conte pour enfant pas sage où l’image naît du mot et vice versa. À lire à haute voix pour le plaisir d’entendre chanter les mots d’Henri Meunier. par Corinne Chiaradia
Date de publication de l'article : samedi 12 mai 2007. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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