pixelnoir pixelnoir pixelnoir
Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
album
Ce printemps d’une seconde
souligne

Henri MEUNIER (texte) & Stéphane GIREL (ill.)
Éd. du Rocher, coll. Lo Païs d’enfance, avril 2007 - 16,90 €
Un petit bonhomme est assis, cartable au dos, au bord d’un chemin. Survient un oiseau qui lui demande la vérité sur sa présence en ces lieux. Le garçon raconte alors sa longue journée, « compliquée, affolante  »… On voit surgir un vol d’oies, une graine magique et neuf bouleaux pas plus, des loups en embuscade sont domptés, une école disparaît, un bonhomme en haut-de-forme promène deux éléphants, lesquels seront mangés avant qu’au cours d’un tour du monde soit établie la carte des mondes inventés…Ouf. Une seconde, une journée ou des siècles plus tard, revenus au présent, au bord du chemin, l’oiseau réclame encore la vérité. L’enfant s’excuse : « D’accord ma caille, je ne t’ai pas dit la vérité, mais ce n’est pas pour te tromper. C’est juste pour le plaisir de te raconter une histoire »… et d’offrir un chouette perchoir sur un nez démesuré.

Dans cette folle journée le temps est distendu, les saisons valsent, les personnages et les situations se succèdent à la manière d’un cadavre exquis surréaliste. Ce printemps d’une seconde est un hommage à Pinocchio, bien sûr (c’est évident dès la couverture), mais plus encore un hommage aux raconteurs d’histoires, aux rêveurs de tous âges. On pense aussi à la petite héroïne de L’Arbre rouge de Shaun Tan, une enfant solitaire qui voit fleurir dans sa chambre un érable aux feuilles rouges étoilées, comme un cousin de l’arbre dessiné ici par Stéphane Girel. On songe également aux Contes n° 1 et 2 d’Eugène Ionesco illustrés par Etienne Delessert, où la petite Jacqueline et son père jouent à échanger les objets et les mots, pour mieux « ouvrir le mur » des images.

Il y a beaucoup de plaisir à se laisser porter par l’imagination du bonhomme de Meunier et Girel, un enfant toujours capable de fleurir un chemin qui sans cela le mènerait tout droit « serein, affable et résigné (s’) engourdir à l’école  »… Les auteurs nous invitent le temps d’une histoire à oublier réalisme et conventions pour plonger sans résistance dans la logique d’un conte pour enfant pas sage où l’image naît du mot et vice versa. À lire à haute voix pour le plaisir d’entendre chanter les mots d’Henri Meunier.
par Corinne Chiaradia

Date de publication de l'article : samedi 12 mai 2007.

Imprimer l'article

Librairie membre de
l'Association des Librairies
Spécialisées Jeunesse
Avec nous, la lecture c'est pas sorcier !
Avec nous, la lecture
c'est pas sorcier !
Citrouille.net
www.citrouille.net

pixelnoir