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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
Roman ado
Disparus
souligne

Sarah K.
Éd. Grasset jeunesse, coll. Grand format, janvier 2006
314 pages - 14,90 €

À vingt ans, Vincent aime traverser Paris en taxi au petit matin, direction la gare Montparnasse. S’il monte dans un wagon, c’est pour en descendre juste avant le départ. Pourquoi ? Accessoirement, parce qu’il vole des bagages et vivote de ces larcins. Plus profondément, parce que les trains lui inspirent méfiance et attirance à la fois, lui qui n’a pas d’attaches, pas de famille et presque pas de passé. Mais Vincent a décidé de changer de vie, d’avoir un vrai travail - serveur dans une pizzéria - et il s’est juré qu’aujourd’hui c’est son dernier « voyage  » à Montparnasse et son dernier vol. Il ne se doute pas que ce vol (un sac à main imitation Chanel), l’entrainera sur des chemins non balisés où, croyant chercher la femme (à qui appartient le sac), il ne trouvera finalement que lui-même, mais ce n’est pas rien !

Un point de départ intriguant, un héro tourmenté par ses cauchemards (des cafards très kafkaïens), des situations critiques, un peu de sang, de frissons, une dose d’étrangeté et de romantisme, quelques personnages secondaires bien typés et attachants (Farida, la voisine compréhensive, Georges l’écrivain de polar un rien horripilant, Alberto l’exubérant patron de la pizzéria)… Ce roman, mi-policier mi-fantastique, possède tous les « ingrédients » propres à en rendre la lecture agréable et alletante. Ses références sont nombreuses, la plus évidente étant un hommage au cinéma fantastique - on ne peut pas ne pas penser à Sixième Sens dans le renversement final de situation. L’auteure parvient à entremêler l’ensemble sans heurt ni rupture de style, nous entrainant dans le sillage de ce jeune homme qui navigue à vue, à la recherche d’un chimère, comme égaré dans le monde réel.
par Corinne Chiaradia
PS : Trop souvent les romans jeunesse semblent ignorer le monde du travail : ce n’est pas le cas ici, où plusieurs univers professionnels se côtoient et sont plutôt bien traduits, dans leurs spécificités et leurs différences : celui du cinéma (visite d’un tournage), celui de l’écrivain (et de ses obsessions) et celui de la pizzéria qui est plus qu’un simple décor pour les soirées de Vincent. Cet ancrage dans la réalité ne donne que plus de saveur au versant fantastique du roman.

Date de publication de l'article : mardi 7 mars 2006.

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