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Vous êtes à > Nos dernières lectures > Vitrine de mars 2006
À vingt ans, Vincent
aime traverser Paris en taxi au petit matin, direction la gare
Montparnasse. S’il monte dans un wagon, c’est pour en descendre juste
avant le départ. Pourquoi ? Accessoirement, parce qu’il vole des
bagages et vivote de ces larcins. Plus profondément, parce que
les trains lui inspirent méfiance et attirance à la fois,
lui qui n’a pas d’attaches, pas de famille et presque pas
de passé. Mais Vincent a décidé de changer de vie,
d’avoir un vrai travail - serveur dans une pizzéria - et il
s’est juré qu’aujourd’hui c’est son dernier « voyage
» à Montparnasse et son dernier vol. Il ne se doute pas
que ce vol (un sac à main imitation Chanel), l’entrainera sur
des chemins non balisés où, croyant chercher la femme
(à qui appartient le sac), il ne trouvera finalement que
lui-même, mais ce n’est pas rien !
Un point de départ intriguant, un héro tourmenté par ses cauchemards (des cafards très kafkaïens), des situations critiques, un peu de sang, de frissons, une dose d’étrangeté et de romantisme, quelques personnages secondaires bien typés et attachants (Farida, la voisine compréhensive, Georges l’écrivain de polar un rien horripilant, Alberto l’exubérant patron de la pizzéria)… Ce roman, mi-policier mi-fantastique, possède tous les « ingrédients » propres à en rendre la lecture agréable et alletante. Ses références sont nombreuses, la plus évidente étant un hommage au cinéma fantastique - on ne peut pas ne pas penser à Sixième Sens dans le renversement final de situation. L’auteure parvient à entremêler l’ensemble sans heurt ni rupture de style, nous entrainant dans le sillage de ce jeune homme qui navigue à vue, à la recherche d’un chimère, comme égaré dans le monde réel. par Corinne Chiaradia
PS : Trop souvent les romans
jeunesse semblent ignorer le monde du travail : ce n’est pas le cas
ici, où plusieurs univers professionnels se côtoient et
sont plutôt bien traduits, dans leurs spécificités
et leurs différences : celui du cinéma (visite d’un
tournage), celui de
l’écrivain (et de ses obsessions) et celui de la pizzéria
qui est plus qu’un
simple décor pour les soirées de Vincent. Cet ancrage
dans la réalité ne donne que plus de saveur au versant
fantastique du roman.
Date de publication de l'article : mardi 7 mars 2006. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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