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Un jour un homme venu sur un radeau de fortune débarque sur l’île. Les habitants de l’île l’observent et s’interrogent sur le sort à lui réserver. Certains, les plus nombreux, veulent le renvoyer par là d’où il est venu et le jeter à la mer. Le pêcheur s’interpose en leur expliquant que cela reviendrait à le condamner à une mort certaine. Les habitants de l’île décident finalement de le recueillir et le conduisent dans une étable dont ils ferment la porte à clef. Satisfaits, ils retournent à leurs occupations. Jusqu’au jour où l’étranger s’étant échappé arrive dans les rues du village et déclenche, par sa seule présence, une émeute. L’homme parvient pourtant à leur faire comprendre qu’il a faim et le pêcheur à convaincre les îliens qu’il faut le nourrir, faute de quoi il mourra tout aussi sûrement qu’abandonné à l’océan. Mais les habitants de l’île résistent et expliquent « nous ne pouvons tout de même pas nourrir toutes les bouches qui nous arrivent ». Le pêcheur a alors une idée : il faut employer l’étranger pour qu’il gagne sa pitance, tout en le payant bien moins qu’un autochtone. Mais là encore la méfiance l’emporte et doutant des capacités de l’inconnu, les habitants décident finalement de lui donner les restes destinés aux cochons et de l’enfermer de nouveau dans l’étable. Seulement maintenant ils savent que l’homme est dans leur village, ils pensent à lui sans cesse, sa présence invisible sert à effrayer les enfants pas sages, et c’est comme s’il était partout. La peur grandit peu à peu et les habitants de l’île décident que l’homme doit partir. Ils le jettent à la mer sur son embarcation de fortune. Ils brûlent le bateau du pêcheur qui les avait convaincus d’accueillir l’étranger et ils tuent tous les oiseaux témoins de leur méprisable forfait. La parabole est un peu appuyée mais très efficace. On
pense bien sûr à ces africains rejetés sur les
plages des côtes européennes. On pense aussi à tous
les discours haineux qui entretiennent la peur de l’autre et justifient
le pire. Des discours qui se portent haut ses derniers temps, comme dans
les années les plus sombres de l’histoire récente. par Ariane Tapinos Date de publication de l'article : samedi 11 février 2006. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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