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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
roman jeune lecteur
La Grande Fête du rugby
souligne

Bernard CHAMBAZ
Illustré par Zaü
Éd. Rue du monde, coll. Roman du monde / Viva Fausto !, mai 2007
114 pages - 10,50 €
Fausto a quitté Bagnolet : son père a été nommé dans le Sud-Ouest avec mission de « dresser les cartes du nouveau monde rural  » (sic). À Bagnols désormais, Fausto découvre les joies de la vie à la campagne, le champ de luzerne, les topinambours, le ï tréma avec M. Garlane, prof de français de la classe de 6e et... entraîneur de rugby (prononcer « ruby en roulant le R et en oubliant le G  »). Fausto joue « Avant » dans l’équipe de benjamins bagnolaise. Son équipe justement gagne le tournoi de Pâques de La Bastide (niveau cantonal). Leur récompense : participer à une rencontre internationale en Grande-Bretagne, à Rugby, la ville qui a vu naître ce sport. Tout Bagnols exulte, sauf Boubacar, pourtant l’un des meilleurs joueurs du groupe. Les parents de Boubacar sont sans-papiers, difficile pour lui de franchir une frontière... Mais la solidarité des sportifs et de tout le village aura raison des barrières administratives et ouvrira à tous les portes d’une belle échappée outre-Manche...

Après avoir parcouru le monde balle au pied avec son cartographe de père, dans Le match de foot qui dura tout un été (Rue du monde 2002, rééd. 2007), le jeune héros de Bernard Chambaz a donc la bonne idée de troquer le rond pour l’ovale, l’année de la coupe du monde de rugby. Étonnamment, ce roman est plus « classique » que le précédent, qui transgressait un peu les règles convenues du récit sportif et embarquait son lecteur sur tous les continents avec l’amour du foot comme fil rouge, à hauteur d’enfant. Ici, la compétition et les exploits sportifs sont plus présents, mais tempérés par de nombreuses digressions, apartés sur l’histoire du rugby, la solidarité villageoise (un peu idyllique...), les troisièmes mi-temps, banquet et correspondant du Midi Olympique, la nourriture british... Dans la partie anglaise du roman, l’attrait du voyage et de la découverte (nouveaux visages et paysages, nouvelles pratiques, nouvelle langue) l’emportent largement sur l’enjeu de la compétition. Du coup on regretterait presque que le récit soit si peu « physique » dans ses passages sportifs. Mais il ne faut pas demander la lune... quoique on en a une image quand - en lieu et place des tatouages maoris - les Bagnolais ravis de leur victoire à la Bastide exhibent dans le bus du retour leurs arrière-trains de vainqueurs !
par Corinne Chiaradia
PS : Les amateur-e-s de balle ovale peuvent toujours aller consulter notre petite bibliographie sur le rugby.

Date de publication de l'article : mercredi 13 juin 2007.

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