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Angleterre 1650. Donnée
pour morte après avoir été pendue, Annie Green se
réveille sur la table d’un apothicaire, entourée de
médecins et d’étudiants soudain compatissants. L’histoire
de cette incroyable résurrection – inspirée d’un
fait réel, nous dit-on – nous est contée de deux
points de vue qui s’entrecroisent, chapitres après chapitres.
Celui, à la première personne, d’Annie qui, se croyant
dans l’antichambre de la mort ou dans quelque purgatoire, se
remémore les événements qui l’ont conduite à
l’échafaud à peine sortie de l’enfance, et celui de
Robert Mathews, un étudiant en médecine, affublé
d’un terrible bégaiement, qui l’isole des siens presqu’aussi
sûrement que le coma d’Annie. Ces deux récits sont ceux de
l’archaïsme et de la modernité en marche. Et s’il n’est pas
possible de dévoiler ici ce qui a mené à la
condamnation à mort d’Annie pour infanticide, qu’on sache
seulement qu’il y est question du pouvoir des hommes sur les femmes,
des nobles sur leurs domestiques, d’une justice au service d’une classe
et d’un sexe plus qu’au service du droit. Au fur et à mesure
qu’Annie avance vers son destin tragique, Robert s’interroge sur la
science, sur la nature humaine et sur les relations entre le corps et
l’âme. Passionnant roman historique et moral, cette Messagère de l’au-delà est aussi une messagère du passé qui nous informe sur le sort réservé aux femmes, et aux plus pauvres d’entre elles, au XVIIe siècle. Le double récit tient le lecteur en haleine tout en lui ménageant quelques moments de répit où il apparaît assez vite que la fréquentation d’un supposé cadavre est bien moins éprouvante que celle d’une servante malmenée. Par la période auquel il se situe et son formidable personnage féminin, entre naïveté et intelligence, ce roman fait penser à l’envoûtant Journal d’une Sorcière (éd. Seuil Jeunesse) de Celia Rees, ou, dans le registre adulte, au terrible roman de Margaret Atwood (par ailleurs citée par Celia Rees comme étant un de ses auteurs fétiches) Captive (éd. Robert Laffont). On pense aussi aux très beaux romans de Karen Cushman : Mathilda Bone et L’Apprentie Sage-femme (éd. Ecole des Loisirs), qui, si ils se situent dans une période plus lointaine, proposent eux aussi un éclairage sur la médecine comme reflet de la compréhension de la nature humaine au fil du temps. par Ariane Tapinos Date de publication de l'article : mardi 11 mars 2008. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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