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Un riche marchand perse part pour un long voyage d’affaires au Royaume des Indes. Avant son départ, il réunit sa maisonnée et demande à chacun de choisir le cadeau qu’il lui rapportera. Le perroquet, dont le chant fait le bonheur de son maître, demande au marchand, en guise de cadeau, d’aller rencontrer ses congénères dans la forêt et de leur raconter « la vie d’un oiseau en cage, d’un chanteur sans souffle », puis de leur demander leur aide. Fidèle à son compagnon à plumes, le marchand s’en va trouver les perroquets qui vivent libres et en paix parmi « les fleurs et les arbres gorgés de fruits ». Il exprime ainsi la requête du perroquet : « Croyez-vous qu’il soit juste que je finisse mes jours ici, seul et loin de vous ? Croyez-vous qu’il soit juste que je sois enfermé et vous libres parmi les fleurs ? Est-ce cela le sens de l’amitié et de la fidélité ? », puis il leur demande conseil. À peine a-t-il fini d’exprimer la détresse de son perroquet encagé, que l’un de ceux qui l’écoutaient, se met à trembler et tombe, mort, au pied d’un arbre. De retour dans son pays, il rapporte à son volatile l’étrange phénomène dont il a été témoin et, plus étrange encore, la chose se reproduit : son perroquet meurt aussitôt après l’avoir entendu. Au comble de la tristesse, le marchand ouvre alors la cage dorée... Et le perroquet s’envole ! Et l’oiseau ressuscité d’expliquer : « Nul ne me désire sans la mélodie de ma voix, pas même toi, en dépit de ton amour. Qui présente un intérêt, qui fait étalage de ses dons et de ses qualités, attire envie et jalousie. Ses ennemis le déciment et ses amis le trahissent. Sage celui qui par la force de sa foi s’envole vers la liberté. » Ce savoureux conte philosophique est, nous apprend la quatrième de couverture, adapté de l’œuvre d’un grand poète persan Djalâl al-din Rûmî, surnommé Molavi, qui vécut au XIIIe siècle. L’adaptation est très réussie car elle conserve les préciosités et le raffinement de la poésie perse tout en la rendant accessible à de jeunes lecteurs français. De même, les très belles illustrations - inspirées, comme nous l’explique encore la quatrième de couverture (et c’est bien agréable de savoir d’où viennent une histoire et ses images) d’une tradition typiquement persane, la « peinture de maison de thé » - restituent à merveille à la fois la finesse et la naïveté d’une certaine tradition picturale orientale. par Ariane Tapinos
Date de publication de l'article : lundi 4 juillet 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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