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Vous êtes à > Nos dernières lectures > Vitrine de mars 2005
On ne résiste pas au plaisir de présenter le dernier roman de Philip Pullman (enfin le dernier paru en France, puisqu’il date de 1992), même s’il est publié en collection « adultes » et recommandé aux plus de quinze ans plutôt qu’aux jeunes amateurs de Sally Lockahrt. On ne résiste pas non plus à la tentation de chercher les « constantes » de l’œuvre, que l’auteur la destine aux enfants ou non. Et ce qui frappe à la lecture de ce Papillon c’est à quel point ce polar est à la fois proche (dans le style et le cadre - Oxford) et plus abouti dans son pessimisme que les autres titres de Pullman. Je ne vous dirai pas grand’chose de l’intrigue, sinon que son « héros » est un jeune homme de dix-sept ans, né et vivant à Oxford, qui occupe ses vacances d’été en travaillant comme électricien et homme de main pour une entreprise de spectacle. À l’occasion d’une soirée dans un collège huppé, il croise le chemin, les blanches épaules et le regard effrayé de Jenny. Il l’aimera, c’est sûr. Il l’aime déjà. Passablement perturbé par cette révélation, Chris ira de désorientations en manipulations, qui le mèneront tout droit à la catastrophe... et à la mort pour celle qu’il voulait protéger. « Un roman d’éducation à la beauté tragique » nous dit l’éditeur. Si l’éducation est l’apprentissage du mensonge... Car l’histoire de Chris s’apparente à celle d’une marionnette dont les manipulateurs se succèdent pour en tirer les ficelles, la plus solide étant celle qui consiste à utiliser contre lui ses propres idéaux. Et pour ce qui est du tragique, attendez la dernière ligne de la dernière page pour en mesurer toute l’ampleur. On savait Pullman peu versé dans le « happy end » (et c’est une des qualités indéniables d’À la croisée des mondes), mais il atteint ici une sorte de sommet ironique et désespérant à côté duquel la mort « conjointe » de Roméo et Juliette (la pièce est évoquée dans le roman) est presque rassurante... Pour ce qui est du style, la maîtrise est totale, aucune affèterie, le langage employé est plutôt plus simple que dans la Trilogie, la construction en trois parties (trois actes qui mènent crescendo vers le drame annoncé à la première ligne) impeccable. par Corinne Chiaradia
Date de publication de l'article : mars 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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