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Deux personnages dans ce roman, deux êtres vivant à l’opposé l’un de l’autre et pourtant forcés de partager le même territoire. Ce territoire : un morceau de ruelle sombre et désert, à l’abri des importuns. Les personnages : un rat - gros, gras, aussi grand qu’un chat : une sorte de champion de sa race, solitaire et invaincu - et un homme - Paulo, la quarantaine avinée, usé par la vie, les échecs et la misanthropie. Paulo, on l’aurait appelé « clochard » avant l’invention du « S.D.F. » et autre « sans abris ». Mais le roman de Magali Herbert est dénué de jugement de valeur, ce n’est pas un « roman social » mais un joli essai sur l’humanité renaissante d’un personnage qui ne croyait plus en rien et surtout pas en lui-même. Car la rencontre de l’homme et de la bête, commencée sur le mode de l’affrontement, va prendre le chemin de l’apprivoisement mutuel. Paulo sentira (re)battre son cœur, acceptera de partager sa chaleur avec l’animal, qui lui, baissera sa garde de guerrier des bas-fonds. Un roman vif, simple et beau, accessible dès dix ans, qui nous enseigne qu’il suffit parfois de peu de chose pour retrouver (conserver) le goût de vivre, de se sentir frémir. Ce peu de chose peut être aussi énorme que la confiance qu’un être vivant accorde à un autre. par Corinne Chiaradia
Date de publication de l'article : mars 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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