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Raya, un ancien Égyptien, nous raconte sa vie, son métier : il fut Grand
Embaumeur au service de Pharaon, art qu’il apprit aux
côtés de son père dès l’âge de
sept ans. Il nous livre aussi le secret d’un amour de jeunesse
qui l’amena jadis à transgresser les lois de son
métier. Écrit dans une langue fleurie et désuète (« les harpes de la félicité résonnèrent dans mon cœur »), qui confère au récit des sonorités de chant légendaire, l’album est une fiction – la confession de Raya, son amour, sa faute – émaillée d’informations documentaires disséminées dans le texte et les illustrations, en particulier des reproductions d’objets d’art funéraire qui ponctuent l’histoire. En fin d’album, on retrouve ces objets sur une double page explicative : datation, provenance, utilisation. Toutefois, l’intérêt documentaire n’est pas le plus saillant, même s’il permet de lever un petit bout du voile sur l’une des pratiques de l’ancienne Égypte qui soulève toujours moult interrogations chez les jeunes. D’autant plus que l’histoire contée appelle encore plus de questions : un embaumeur pouvait-il prendre l’initiative d’embaumer un corps (comme le fait Raya pour sa bien-aimée ?) Travaillait-il seul ? Non, ce que transmet plutôt le livre, c’est une approche très particulière des sentiments, via les croyances antiques et le thème de la mort si souvent traité par ailleurs. Si ce n’était anachronique, je qualifierais l’album de romantique, puisqu’il s’agit tout simplement d’une histoire d’amour fou où, dans l’impossibilité de combler l’aimée de son vivant, l’amoureux choisit de lui offrir une vie au-delà de la mort (rassurez-vous il ne la tue pas, mais substitue son corps à celui de la fille de Pharaon, terrassée au même âge et au même moment que Nebetta). Ajoutons que le livre est de belle facture, les illustrations faisant apparaître en premier plan des personnages blancs dessinés au trait noir, se découpant sur des fonds très décoratifs aux couleurs vives, lumineuses, transparentes : une alliance qui sert très bien l’amalgame de douleur, de félicité et d’apaisement contenu dans la confession. par Corinne Chiaradia Date de publication de l'article : jeudi 11 octobre 2007. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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