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Vous êtes à > Nos dernières lectures > Vitrine de décembre 2004
À sa naissance, la
princesse Faramineuse a reçu trois cadeaux peu communs : un
oignon, un parapluie et un tiroir. Les fées n’ayant
laissé aucun mode d’emploi, la princesse a trouvé un
usage à l’oignon (c’est utile pour pleurer), au parapluie
(ben... s’abriter de la pluie), quant au tiroir elle ne s’en
sépare jamais, en attendant de lui trouver une utilité.
Bien sûr le conte fournira au lecteur et à la princesse la
réponse à l’énigme. Alors qu’elle est devenue une
jolie jeune fille, un rien taciturne (a-t-on déjà vu une
personne qui a besoin d’un oignon pour pleurer ?), la princesse
s’égare dans la forêt de la pluie. La jeune personne,
chargée de ses objets fétiches et accompagnée de
deux tout-petits hommes, libérera le peuple de la forêt
d’un monstre terrifiant (le Monstre Horizontal, lequel vit dans la
forêt dont il obstrue toutes les issues avec son corps
élastique). Elle sera aidée in extremis par
l’intervention de l’incontournable prince Têtu...
On savait Christian Oster adepte du détournement de contes et de princesses (cf. Le Bain de la princesse Anne), maniant en virtuose les jeux de langage humoristiques et les situations décalées. Le Tiroir de la princesse Faramineuse en est une nouvelle preuve, qui distille agréablement ses personnages farfelus (avec leur logique si personnelle), ses situations cocasses et une belle richesse de langage. On y trouve un peu de Blanche Neige (l’égarement dans la forêt, les petits hommes), un peu de Pinocchio (le périple dans le ventre du monstre) et beaucoup d’humour. Le plaisir des petits est garanti et pour les plus grands, adultes adeptes des lectures à double sens, ils pourront y humer un parfum de parodie : en effet, je me demande si l’auteur facétieux n’a pas, tel le Gainsbourg des « Sucettes à l’anis », truffé son texte de références sexuelles, invisibles ( ?) aux innocents et délicieuses aux autres (on est loin de la psychanalyse des contes de fées, mais le clin d’œil est savoureux). Comment expliquer autrement une telle entrée en matière : « Mais, bien qu’encore très jeune, elle comprit que la clé du tiroir ne fermait rien : en effet, pour que le tiroir fermât, il eût fallu qu’il s’insérât dans une table de nuit, et les fées n’avaient point déposé de table de nuit dans le berceau de l’enfant, sans doute par manque de place » ? par Corinne Chiaradia
Date de publication de l'article : décembre 2004. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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