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Un paisible couple de corbeaux
a perché son nid dans un arbre de la petite ville de
Pearblossom. Mais leur quiétude est régulièrement
troublée par un serpent, qui gobe chaque après-midi les
œufs pondus la veille par Madame. Monsieur Corbeau va demander
conseil à son ami Vieux Hibou...
On n’attendait pas l’auteur du Meilleur des mondes sur le terrain de la littérature jeunesse. Les Corbeaux de Pearblossom est d’ailleurs le seul conte pour enfants qu’il ait écrit, à destination de sa nièce, Olivia, durant les vacances de Noël 1944. Olivia et ses parents habitaient à Pearblossom, petite ville située à quelques kilomètres de la propriété des Huxley. L’environnement dépeint par l’écrivain est donc très familier à la fillette : la maison aux bardeaux de bois, le peuplier qui la jouxte, la propriété des Yost et son champ de luzerne, toute cette topographie est authentique. L’impression qui ressort du conte, c’est qu’il n’émane pas d’un « pro » de la littérature jeunesse – et ce n’est pas plus mal. Le récit est plein de bizarreries, la sophistication du moyen par lequel les corbeaux se débarrassent du serpent, le relief très particulier des personnages (les échanges acides du couple de corbeaux, les caractères du hibou et du serpent), tout cela dénote une rafraîchissante ignorance des structures et des schémas narratifs usuels – bien que cette science du récit soit d’une supérieure habileté. Les illustrations de Béatrice Alemagna privilégient les cadrages rapprochés, les « gros plans », mettant l’accent sur les détails au détriment du dessin d’ensemble, bricolant un univers-puzzle qu’on n’appréhende jamais vraiment dans sa globalité. Univers baignant dans une large palette de verts et de bruns qui sentent le vieux bois et les feux de broussaille. Univers aux angles aigus, tranchants, y compris chez le serpent, réservant au hibou et aux œufs postiches qu’il fabrique pour aider M. Corbeau, une rondeur trompeuse : chez le premier, elle masque la vivacité de l’intelligence et des savoirs ; chez les seconds elle arrondit le potentiel d’arme fatale au reptile. Le soin apporté au papier, à la reproduction des couleurs et à l’insertion des pavés de texte achève de faire de cet album un très bel objet, un météore aux reflets vert olive qui adoucira les rigueurs de l’hiver. par Boris Barbiéri Date de publication de l'article : samedi 11 février 2006. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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