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1er siècle avantJésus-Christ. Enlevé à dix ans à laquiétude de son foyer et de sa terre natale en Asie Mineure,Syram est victime des guerres du roi Mithridate contre les Romains. Ilest vendu comme esclave sur un marché de Rome, forcéd’oublier sa liberté, sa langue et jusqu’à son nom : sonnouveau propriétaire, le très riche et trèsinfluent Crassus, le rebaptise Appolonios et l’affecte au service deson fils, l’ambitieux Publius Crassus. D’abord terrorisé, Syram-Appolonios est assez prudent pouradopter une attitude docile envers son nouveau maître etsuffisamment intelligent pour apprendre vite les rudiments du grec etdu latin et rendre de menus services, rapide et efficaces. Il se faitde nouveaux amis, Éponia, une fillette achetée enmême temps lui, et Philotas, un Athénien employéaux cuisines et à la langue un peu trop affutée pour unesclave. Petit à petit, la peur et la tristesse des premiersjours de servitude sont enfouis sous la curiosité, l’admirationpour le faste romain, et surtout l’insatiable soif de découverteet de connaissance du jeune esclave. Appolonios aime ainsi accompagnerPublius pour écouter orateurs et philosophes, dontCicéron qui impressionne durablement l’enfant. En quelques lignes d’introduction, Dominique Bonnin-Comelli nousapprend que l’existence de Syram-Appolonios est avéréepar une lettre de Cicéron à César, où il estquestion d’un esclave instruit par Diodore et privé deprotecteur après la mort de Publius Crassus. De cette indicationténue (et extraordinaire) l’auteur a fait unroman d’aventure, riche en émotions, complexe et captivant. Il dresse un « portrait » àmultiples facettes de l’esclavage dans l’antiquité. Il ne passepas sous silence ses aspects les plus terrifiants : l’assassinat de lafamille, la capture, l’exode, la vente, les punitions infligéesaux désobéissantsjusqu’à ce que mort s’en suive (cf. la torture infligéeà Philotas), bref la toute-puissance des propriétaires(Crassus est celui qui réprima la révolte de Spartacus etcrucifia les esclaves qui l’avaient suivis). Mais il s’attache àun esclave « horsnormes » qui fait de la prudence et de l’intelligence sesgarde-fou. Philotas mourra pour s’être cru plus malin que seschiens de garde et avoir tenté de les voler, mais Appoloniosn’est-il pas lui aussi fou de croire aux belles paroles de Diodore (laliberté s’acquiert par le savoir et non par la révolte) ?L’auteur ne tranche pas le débat, il le pousse aussi loin quepossible pour la crédibilité historique de l’histoire, eton lui sait gré d’avoir fait du « perdant » Philotasun des plus attachants personnages du roman et de la relation Philotas/ Appolonios ses plus belles pages, jusque dans la mort etl’enterrement de l’adolescent. par Corinne Chiaradia Date de publication de l'article : mercredi 20 septembre 2006. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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