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À la mort de son
père, tué dans un éboulement de la mine, Marien
décide de quitter l’école et s’inscrit comme mineur. Il
n’a rien trouvé d’autre pour éviter la misère
à sa mère, Cathline - qui s’épuise comme
lavandière pour un salaire de misère - et à son
frère et sa sœur jumeaux, encore si petits.
Désormais il sera « galibot » et travaillera au
complexe minier du Puits du Diable. Crainte et fierté
mêlées, il ne doute pas de son choix et de sa
responsabilité d’aîné. Le travail souterrain est
pénible mais Marien s’en acquitte, découvrant la
solidarité des mineurs, il est vite « dans son
élément ». Un peu trop même, quand il devient
évident qu’il possède le don étrange de
communiquer avec la roche, un don de voyance jusqu’ici
réservé à une secte de femmes. En effet, les
« Devineuses » monnayent très cher leur
capacité à lire dans les parois de la mine l’emplacement
des précieuses Pierres de foudre, des éclats de roches
qui ont le pouvoir de retarder le vieillissement de qui en porte un
fragment sur son corps. Marien est une menace pour les Devineuses,
tandis que le directeur de la mine y voit une occasion d’augmenter
considérablement ses bénéfices. Mais quelle est
donc la nature de cette Chose qui parle ainsi à l’adolescent ?
On croit ouvrir un roman social (pauvreté, rudesse des conditions de travail, solidarité ouvrière, langage imagé, précis et désuet pour désigner les hommes, les tâches, les outils...) et l’on glisse doucement vers le fantastique, sans que pour autant le réalisme sociologique disparaisse complètement. Ainsi le fantastique se déploit pleinement au moment même où les mineurs se mettent en grève à la suite d’un énorme coup de grisou qui a tué cinquante d’entre eux. Le voisinage des deux genres est assez réussi, et l’action pas moins improbable que dans n’importe quel roman de science-fiction. Le lecteur « marche » et la lecture est agréable. Une réserve toutefois : ceci est une histoire d’hommes, tous les héros sont masculins, et si les méchants sont du côté du capital (le directeur), les très-méchants et meurtriers sont des tueuses – hormis le pauvre Perrin, qui agit sous la pression des Devineuses pour soigner sa... petite fille malade. Les autres personnages féminins (la mère, l’amie, les « trieuses ») apparaissent comme beaucoup plus démunies et faibles que leurs homologues masculins, qui n’ont de cesse de les protéger. Mais il s’agit sûrement d’une concession faite au versant réalisme social du roman ? par Corinne Chiaradia Date de publication de l'article : lundi 16 juillet 2007. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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