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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
roman jeune lecteur
Les Rois du monde
souligne

Hélène Vignal (texte) & Éva Offrédo (ill.)
Éd. du Rouergue, coll. Zig Zag, février 2006
80 pages - 6 €


Romuald est le second desquatre enfants de maman, c’est « l’homme de la famille »depuis que les pères sont aux abonnés absents. Pourl’instant, Romuald, avec son énorme sac à dos, marche entête de l’expédition qui doit mener tout ce petitmonde vers ses premières vacances familiales à la mer.Expédition, le mot n’est pas trop fort pour un voyageen train avec quatre enfants, des bagages remplis à craquer, despaniers casse-croûte et… les couches du bébéque l’on a oubliées ! L’excitation du voyage est viterafraîchie par la fatigue, la tension, les doutes (il estoù le tapis volant, euh roulant, qui doit permettre dechanger de TGV à Paris ?) et les regards peu amènes decertains voyageurs, horripilés par les pleurs debébé Charline…

Mais cette famille-là, sous des dehorshétérocliteset stressés, est unie par une force unique,concentrée dans le regard de la mère prête àaffronter tous les dragons pour offrir à ses rejetons leursvacances maritimes. Sacré personnage que cette mère !Elle distribue avec la même autorité des cris et duréconfort, des claques à Jessica (l’ainée quiaccumule les fautes de français) et des trésors pour legoûter ; elle peut passer dans la seconde de « superénervée » à super protectrice, pour peuqu’un quidam s’en prenne à ses petits… On sent bien queRomuald l’adore, en bloc, et qu’il n’échangerait pour rien aumonde ce pilier contre un autre, plus policé, plus riche…Et il la croit quand, au bout de cette journée harassante, ellepromet à ses enfants de les amener à la nuittombée, seuls sur la plage et qu’ils verront alors « ce que ça fait d’être les rois du monde ».

On avait déjà beaucoup apprécié Le GrandConcours, premier roman du même auteur, ces Rois du monde confirmentle talentd’Hélène Vignal qui excelle à se glisser dans lequotidien et les pensées d’un enfant, soutendant le récitde notations « sociales » sans jamais être didactiqueou démonstrative. Drôle et sensible à la fois, ceroman est une jolie manière de fêterl’anniversaire des « grandes vacances de 36 », unemanière pleinede piquant et de tendresse. Soixante-dix ans après, lescongés payés (même par l’aide sociale) ce n’est pasencore une sinécure… mais ça fait toujoursrêver.

par Corinne Chiaradia
PS :

Il n’est pas nécessaired’être mère célibataire ou fils de famillenombreuse pour éprouver une parfaite complicité avec ces« héros » voyageurs du quotidien : il suffit d’avoirpris un jour les transports en commun avec bagages et enfant, d’avoirfait un petit trajet Bordeaux-Poitiers dans un TGV bondé ou des’être dit quatre-vingt douze fois en cent kilomètres« mais pourquoi on n’est pas restés à la maison ? »

Date de publication de l'article : mardi 20 juin 2006.

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