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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
album
Pierre et le l’ours
souligne

Olivier DOUZOU (texte) & Frédérique BERTRAND (ill.)
Éd. MeMo, septembre 2007 – 19 &euro


Alors voilà, ce seraitl’histoire d’une folle journée qui commence avec unoiseau gazouillant et s’achève sur un chat qui faitcui-cui. Personnages principaux : Pierre l’intrépide, songrand-père (maçon), un canard vert dans un coin, un chatorange, un loup qui sort du bois (qui lui-même avance), deschasseurs très bruyants et enfin un l’ours, immense, dontl’estomac encore plus immense les contient tous (plus une girafe,une pioche et quelques lumières «  qui brillent dans tousles coins en dessinant une étrange casserole  »). L’histoire ? Heu… des portes s’ouvrent et se ferment, petit Pierren’a pas peur du loup – mais du l’ours, oui – et,en interlude, un tintamarre, deux défilés et un enfantqui ne sera pas privé de dessert, ça non. Drôled’inventaire qui sent bon les « prés verts »où Pierre va chantonnant…

Que dire de plus ? C’est drôle, délicieusementabsurde, plein de rebondissements improbables etd’onomatopées musicales à souhait ! Bref, unbonheur de lecture. Bien sûr, il y a l’hommage un poilirrévérencieux à Prokofiev et rienn’interdit de doubler la lecture par l’écouture del’incontournable Pierre et le Loup. Mais nul besoin de l’unpour goûter l’autre et libre à vousd’accommoder à votre rythme les « po po po polo popopo po po po po » (dixit).
Les plus érudits mélomanes décrypteront clinsd’oeil et références, les autres serégaleront quand même. Pour ce qui est du texte, OlivierDouzou est très proche de l’original (la versionfrançaise de Gil-Renaud, dite par Gérard Philipe), enfinau début au moins, à quelques détails prèsqui prennent de plus en plus d’espace jusqu’à l’arrivéedu l’ours… À l’image, Frédérique Bertrands’est amuséeà mettre en scène l’entrée des personnagesen « transposant » le procédé de Prokofievoù le personnage/instrument est d’abord défini parun accord, puis deux, puis par une phrase mélodiquecomplète. Ici c’est pierre (ou le canard) dont on ne voitd’abord que le torse (ou les pattes) une fois, deux fois, puisson corps en entier, admirant l’oiseau qui chante puiss’envole : tout cela peint en simultané sur la mêmedouble page, toutes les « parties » de Pierrereliées entre elles par des petits points malicieux, po po popolo…

par Corinne Chiaradia

Date de publication de l'article : samedi 8 décembre 2007.

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