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Michael Rosen a perdu son fils Eddie. Enfin « perdu » est un euphémisme pour dire « mort ». De cette mort-là on ne saura rien. Des circonstances dans lesquelles Eddie est parti, pas plus que de celles dans lesquelles sa mère « est partie, elle aussi ». C’est plutôt d’Eddie vivant dont Michael Rosen veut nous parler - Eddie qui joue au foot ou qui bouquine dans son lit - et de sa tristesse aussi. Cette tristesse qui l’assaille soudain ou s’insinue lentement. Cette tristesse qui prend aussi pour nom colère et qui fait faire des choses bizarres et même moches. Ce qui fait le caractère exceptionnel de cet album qui sait parler aux enfants de la peine des adultes, c’est son ton, celui du texte, mais aussi celui de l’image et des allers et retours entre le gris et la couleur. Bien sûr la perte d’un enfant est une peine incommunicable, mais les auteurs parviennent à nous faire entrevoir cette immense douleur. Ils savent même trouver les mots et les images pour la faire comprendre aux enfants et leur expliquer que les comportements étranges et irrationnels des adultes trouvent parfois leur source dans la profondeur de leur peine. On imagine une très forte complicité entre l’écrivain et l’illustrateur, complicité qui sert leur très grand talent et nous rend encore plus proche la douleur d’un père qui a perdu son enfant.
par Ariane Tapinos
Date de publication de l'article : avril 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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