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Sohane est une rebelle. Elle refuse le sort fait aux femmes de sa Planète : mariages forcés, lapidation à mort des femmes adultères, aucun droit autre que celui de servir les hommes... Sa route croise un jour celle d’Elam, un jeune contrebandier en désaccord avec les fanatiques au pouvoir mais un rien ancré dans ses convictions machos. Ensemble ils vont découvrir un peuple d’Amazones dans lequel les femmes détiennent tous les pouvoirs, même celui de vie et de mort sur les hommes, avant de rencontrer une société, celle des Indiens Mi’kmag, qui pratique l’égalité des sexes. Aventures, intrigues et péripéties multiples sont au menu de ce court mais dense roman qui se lit d’une traite. Avant même de rentrer dans le récit, Éric Simard affiche la couleur en expliquant qu’il a choisi de prénommer son héroïne Sohane en souvenir de Sohane Benziane morte à 17 ans, en octobre 2002, dans la banlieue parisienne, brûlée vive par un jeune homme de son entourage. Manière de nous rappeler qu’il n’est pas besoin de se projeter en 2750 et des poussières ou sur la planète Kerphall, pour trouver des sociétés dans lesquelles les femmes sont les esclaves des hommes. Manière aussi de consacrer la science-fiction pour ce qu’elle est : une littérature (la seule ?) politique. Pourtant, le roman d’Éric Simard ne couvain pas totalement. Est-ce par accumulation de références, voir de clichés (ah les belles et cruelles Amazones ! Les sages Indiens !). Quelque chose dans la lecture de ce récit met mal à l’aise et ce n’est pas la dureté de la vie de Sohane. En voulant dénoncer la violence dont les femmes sont victimes, Éric Simard leur assigne des rôles finalement assez traditionnels (la femme violée et rebelle, la femme dominatrice et cruelle, la femme jalouse et complice...) tandis que les personnages masculins sont moins tranchés, moins enfermés dans une typologie des caractères. Et puis la fin semble dire que l’ultime liberté des femmes est d’aimer un homme. On est loin de l’impertinence et de l’anticonformisme qui avait produit, dans les années 70, des slogans comme le savoureux « Une femme sans homme, c’est comme un poisson sans bicyclette » ! Bref, si l’objectif est louable et le récit rondement mené, Éric Simard n’est pas Margaret Atwood dont les adolescents (à partir de 15 ans) peuvent lire le magnifique roman (féministe et de science-fiction) La servante écarlate, tout récemment réédité chez Robert Laffont, dans la collection Pavillons. par Ariane Tapinos
Date de publication de l'article : mars 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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