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Lucien, un adolescent anglais,
est malade, très malade. Le cancer le ronge et l’oblige à
garder le lit de longues journées. Bien qu’allongé la
pluspart du temps, il est assailli par une immense fatigue
consécutive à la maladie mais aussi à la
chimiothérapie. Parfois même, sa gorge lui fait si mal
qu’il ne peut plus parler. Son père lui offre un petit carnet
vénitien pour qu’il puisse communiquer dans ces moments
d’isolement. Le premier jour, Lucien s’endort en serrant dans sa main
son carnet. Il est transporté dans une ville qui ressemble en
tous points à Venise mais n’est pas la cité des Doges.
C’est Belleza, la cité des masques, sœur presque jumelle
de la Sérénissime, au XVIe siècle.
Là il rencontre Arianna une jeune fille délurée,
Rodolfo un étrange et puissant savant et l’inquiétante
Duchessa qui règne sans partage sur Belleza. D’abord
persuadé d’avoir rêvé, Lucien, qui devient Luciano
à chaque nouveau voyage dans le temps et l’espace, comprend
qu’il dispose du pouvoir de circuler entre son monde et celui de
Belleza, au moyen de son précieux carnet. Rodolfo lui apprend
qu’il est un Stravagante et qu’il a le pouvoir d’aider les Bellezans
contre leurs ennemis héréditaires les Chimici. En
Angletterre il est un adolescent malade et contraint à
l’inactivité. À Bellaza, il est Luciano, un jeune
Stravagante en pleine possession de ses moyens physiques.
Là-bas, il gagne une énergie qui lui rend des forces dans
son monde, mais la maladie, après une courte rémission,
reprend bientôt ses droits.
Aventures, magie, péripéties diverses... On l’aura compris, on ne s’ennuie pas à la lecture de ce gros roman qui mèle habilement histoire et fantastique. L’argument du jeune adolescent entraîné dans des événements qui le dépassent mais qui vont lui donner la possibilité de se révéler (doublement ici : il sauve Belleza et obtient comme une « deuxième chance » pour lui même) n’est pas très original. Mais c’est le propre de la littérature que de faire d’une histoire convenue un moment de plaisir. Parce que suivre Lucien et son double Luciano, mais aussi l’intrépide Arianna, dans les ruelles de cette belle cité inconnue et pourtant si reconnaissable, est un vrai bonheur. Mary Hoffman crée un univers foisonnant dans lequel on aime à se perdre avec ses héros. Et même si son romanesque n’échappe pas à certaines facilités, on est emporté par l’aisance avec laquelle elle nous fait croire à cette Venise de carton-pâte. On attend avec impatience les nouvelles aventures de Lucien / Luciano... par Ariane Tapinos Date de publication de l'article : lundi 12 décembre 2005. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. |
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