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Donald Zinkoff a vu le jour dans « un bourg ouvrier grisâtre, à vingt kilomètres en bus d’une ville d’un millions d’habitants ». Qu’importe, le petit Zinkoff déborde devitalité et de curiosité, d’envie de jouer avectous et toutes choses, le soleil, les mots, les gens… Il a unemanière très personnelle de regarder le monde et de refuser labagarre. Il voudrait que tous soient heureux comme lui, et neremarque même pas qu’on « le remarque ». Quandtous les enfants rêvent de gagner (à la course, au ballon,au lancer de crachats…) Zinkoff s’en fiche de perdre.L’école, il l’adore dès le premier jour,même s’il peine à écrire proprement,même si, au lieu de lever le bras pour répondre àla maîtresse, Zinkoff crie « Hourrrraaaa ! » etrenverse son bureau de joie. Ce n’est pas grave si les autresélèves ne partagent pas son enthousiasme et le surnomment« Pied sauvage »quand il court sans fin après le ballon ; pas grave non plus queson nouveau voisin, Andrew, fils d’employé de banque, lesnobe et le rabroue : Zinkoff arbore toujours fièrement lesétoiles de papier dont sa mère le gratifie. Enfin, pastrop grave… Jusqu’à ce jour, en fin de CM1,où son équipe perd la course de la Fête duprintemps, par sa faute. « Nul », le mot est lancé. Zinkoff ne fait plus rire les autres.Il se met dès lors désespérément àla recherche d’un « meilleur ami »… Un roman passionnant, émouvant et très, très bien écrit. Les parents, qui n’interviennent pourtant qu’enarrière-plan, sont également remarquables, aimants,attentionnés sans être trop protecteurs ni aveugles. Leroman est d’ailleurs parsemé de personnages secondairesbeaucoup plus « convenables » en apparence que Zinkoff etpourtant sacrément étranges : ainsi « l’Hommequi attend » au 900 rue du Saule (il attend le retour de sonfrère porté disparu au Vietnam 32 ans plus tôt), ouencore ce garçon, Hector Binn, avec qui Zinkoff se lie un moment(il collectionne son cérumen pour en faire une bougie), ouencore Claudia (« la petite fille à la laisse »)… Arrivé au collège, la situation de Zinkoff se normalise… et empire : « Iciles pendules ne disent rien d’autre que l’heure et Zinkoffn’est même pas nul. Il est moins que ça. Iln’est personne. Et, bien avant les premiers flocons, ils’efface complètement ». Au final, etaprès avoir frôlé le drame, nous sommes faceà l’histoire d’une réussite aux antipodes dessucces-story classiques : il afallu 250 pages à Zinkoff pour arriver à se faireadmettre dans une équipe, et pourtant c’est un immensesuccès, une joie profonde, ses camarades le « reconnaîssent » enfin, et le choisissent pour cequ’il est, Zinkoff. par Corinne Chiaradia Date de publication de l'article : mercredi 13 juin 2007. Tous les prix mentionnés sur ce site le sont à titre indicatif, ils correspondent à la date de rédaction du contenu de la page. | Librairie membre de | ||
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