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Librairie Comptines
Comptines & Compagnie
 
La Maison de la mémoire en marche et l’association Comptines & compagnie
La littérature jeunesse, une littérature engagée ?
souligne
Rencontre - débat samedi 4 mars à partir de 15h à la Maison de la mémoire en marche, à Uzeste

avec
Thierry Lenain, auteur
Claude Dagail, auteur et éditeur (éd. La Compagnie créative)
Viviane Quirin, conseillère pédagogique (Langon)
etinitiatrice des comités de lecture « L’Albumvoyageur »

Ariane Tapinos, libraire (librairie Comptines, Bordeaux)
Martine Bois, institutrice (Uzeste)

À l’issue de la rencontre les auteurs dédicaceront leurs ouvrages.

Et nous clôturerons cet après-midi par un goûter-apéritif musical pour fêter la naissance de
« L’Album voyageur »,opération réalisée en collaboration entre la MMMet l’inspection académique de Langon, avec 11écoles participantes sur les communes de Roaillan, Lerm etMusset, Budos, Preignac, Fargues, Bazas, Bernos, Langon, Uzeste.


… quelques réflexions en vrac pour introduire le débat…

En avant propos, on pourrait avancer que le premier engagementd’un auteur ou d’un éditeur jeunesse (et de tous lespasseurs de livres, du grand frère au bibliothécaire, del’illustratrice à la libraire) est encore de croire auxlivres et à l’art tout simplement, comme vecteursd’éducation et de découverte (de soi et desautres), comme porteurs d’émerveillements et derepères dans un monde sans cesse bouleversé…

Chaque année sont publiés des centaines d’ouvragesà destination des jeunes lecteurs, de formes et de contenustrès divers, très riches : il suffit pour s’enconvaincre de rendre une visite à une librairiespécialisée (Comptines, à Bordeaux par exemple,affiche 15000 références albums, romans etdocumentaires). Dans cette profusion, certains titres peuventsurprendre par leurs audaces de forme ou de contenu. Mais, biensouvent, on entend par « audace » ce qui noussurprend, nous, adultes (parents, éducateurs) :l’avis des jeunes lecteurs peut être tout autre. Iln’y a pas si longtemps, comme dirait Thierry Lenain, conseillerun roman intitulé Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ?aurait tourneboulé plus d’un prescripteur : pourtant,nul doute que cette question travaille les marmots (et marmottes)depuis belle lurette… De même envisager d’aborder leconflit israélo-palestinien dans un roman jeunesse (Les Pins deRamallah d’Antonio Ferrara, à paraître en 2006à La Compagnie créative), ou, pour parler de forme, avoirrecours à l’abstraction pour illustrer un conte comme LaPetite Marchande d’allumettes n’avait riend’évident… il n’y a pas si longtemps.

Faut-il devancer les interrogations des enfants, ou simplement avancerdes (éléments) de réponses quand survient laquestion : autrement dit, doit-on attendre que l’enfantdemande explicitement « pourquoi le monsieur est assis parterre dans la rue ? » ou « ça veutdire quoi la racaille ? » pour lui parlerd’inégalités sociales ? « Ceque l’on cherche, c’est en le faisant… qu’onle découvre » cet aphorisme de Bernard Lubat pourraitêtre transposé : « ce que l’oncherche, c’est en lisant… qu’on leformule ». Bien souvent le livre peut aider l’enfantà mettre des mots sur une question informulée et pourtantbien présente… et l’on aurait tort de reprocher auxauteurs de nous avoir devancés dans cetteélucidation !

En France, l’édition jeunesse est régie par la loin° 49.956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinéesà la jeunesse. Cette loi nous dit que « toutes lespublications périodiques ou non qui, par leur caractère,leur présentation ou leur objet, apparaissent commeprincipalement destinées aux enfants et adolescents ne doiventcomporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique,aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jourfavorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, lalâcheté, la haine, la débauche ou tous actesqualifiés crimes ou délits ou de nature àdémoraliser l’enfance ou la jeunesse ou à inspirer ouentretenir des préjugés ethniques.  » Sil’on s’en tient à la lettre de la loi, bien desaspects du monde contemporain pourraient êtreévacués de la sphère de l’éditionjeunesse. Guerres, chômage, racisme, exploitations en tousgenres : savoir que cela existe, que le meilleur des mondesn’est pas encore advenu, cela peut démoraliser… etpas que la jeunesse ! Mais l’art de l’auteur est aussilà pour stimuler, inciter la réflexion porteused’avenir – sinon où trouver de l’espoir dansle mensonge et la négation des faits ?
Toutefois peut-on se satisfaire d’une confiance béate enl’intelligence du lecteur quand celui-ci n’est pasmajeur ? Auteur et éditeurs peuvent-ils totalement se« dédouaner » d’une certaineresponsabilité morale vis-à-vis des enfants ?

La littérature jeunesse peut-elle, doit-elle êtreengagée ? Peut-on parler aux tout-petits ded’exclusion, de questions sociales, politiques, sexuelles ?Et comment s’y prendre ? La question del’accompagnement de la lecture (par les parents, leséducateurs, la grande sœur…) n’est-elle pasessentielle ? Comment auteurs et éditeurs se fixent-ils deslimites (sur les thèmes et la manière de les aborder, surla forme et le contenu selon l’âge de leurs lecteurs)– s’il s’en fixent ?

par Corinne Chiaradia
PS :

Maison de la mémoire en marche
librairie • bibliothèque • centre de documentation
12 route de Préchac 33730 Uzeste
mmm.uzeste@wanadoo.fr / www.uzeste.com /
tél. 05 56 25 96 85

Date de publication de l'article : vendredi 17 février 2006.

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