Contes

Contes des peuples de Chine

Article rédigé par Lucille Méziat

Guillaume Olive (textes) et He Zhihong (ill.)
Éd. Syros jeunesse, sept. 2003
15 €

Sur la couverture satinée, on caresse la barbe verte du sage qui libère les étoiles. Les illustrations veloutées de He Zhihong présentent, sur la trame surannée d’une soie de libellule, les portraits émouvants (jeunesse diaphane et contrées de rides) des peuples minoritaires de Chine ou des montagnes aiguës du Sud-Ouest, sur le papier de riz et son trait plus nerveux. Des notices ethnologiques et le détail des atours complètent le terreau d’authentique exotique, sur lequel fleurissent les contes. Comme ailleurs, on trouve des êtres a priori faibles - femmes, enfants, anciens - mais courageux et persévérants, dont l’intelligence et le bon cœur décuplent les forces. Ils voyagent dans le temps de l’apprentissage des merveilles, il faut bien des générations pour retrouver le soleil.Les femmes aident les animaux à devenir des hommes, une grenouille un prince, et Hulugou, le chien de la calebasse, gardera sa tête de chien (car son amoureuse fut trop pressée) mais vivra heureux et caché... On participe de l’étrange émancipation d’une jeune fille Mulao, maligne, fine coiffeuse et bourreau de la grosse sorcière, pardon, l’ogresse à poux. Elle gagne en tondant la bêtise de Dapomi l’affirmation coutumière d’un frais chignon...Des enfants font des voyages, écrivent leur cosmos avec des dragons, et ceci est ainsi transmis. Au cours de l’adaptation fluide et rassurante, les noms chinois appellent une souplesse nouvelle de l’esprit et de la bouche. Les contes et les images proposent des grains et des issues, ce livre une belle pièce de tissu de texte à partager.