Roman jeune lecteur

Le Grand Concours

Article rédigé par Corinne Chiaradia

Hélène Vignal (texte) et Laetitia Le Saux (ill.)
Éd. du Rouergue, coll. ZigZag, novembre 2005
92 pages - 6 €

« Le grand concours desidées extravangantes » est une invention de maîtreDiop. Chaque année ses élèves rivalisentd’ingénuité et de loufoquerie pour le gagner.Eugénie, neuf ans, l’a déjà gagnétrois fois : avec un dérimeur de poésie, une chaussureà pointes pour protéger les fourmis, et un tamis àbruits. Eugénie, pourtant n’est pas très bonneélève, elle redouble son CM1. Mais elle est unvéritable réservoir à idées, elle observeles gens et pffiut ! elle voit immédiatement quelle inventionpourrait améliorer leur quotidien (par exemple pour Basile unenfileur de manteau ou un scotch qui colle seulement quand il està la bonne place…). Mais Èugénie doute de ses inventions trop fragiles : « le problème c’est que la réalisation technique ne suit pas ». Alors, cette année elle hésite àparticiper… Est-ce que Malinka, une nouvelle àl’école, pourra l’aider à se tirer de cemauvais pas ?

Cette histoire de bricoleuses et d’inventeuses en herbe est unrégal. On se délecte de la surprised’Eugénie qui, découvrant l’atelier deMalinka, se demande vaguement inquiète : « Depuis quand il y a d’autre filles que moi qui bricolent dans le monde ? » On sourit également àl’incrédulité de la fillette devant les sculpturesdu père de Makinka (à quoi sa sert ? et il en vend ?). Ilfaut dire qu’Eugénie avait inventé le « Tamisà bruit » pour éloigner le tac-tac-tacperpétuel de la machine à coudre de sa mère,retoucheuse à domicile…Pas d’hésitation donc : il faut offrir ce livre pleind’énergie indifférement aux garçons et auxfilles, puisqu’il est aussi un hymne à lacomplémentarité, au-delà du sexe : « À deux, c’est tellement mieux » comme le dit joliment Laeticia Le Saux en fin d’ouvrage.